olives: un bon cru 2018


Martine Jacot

Début février, la récolte des olives tire à sa fin à Zakros, comme partout ailleurs en Crète et en Grèce (troisième producteur mondial derrière l’Espagne et l’Italie). Elle a commencé en novembre. D’ores et déjà, l’estimation de la récolte 2018 est évaluée à environ 900 tonnes à Zakros. Ce sont 200 tonnes de plus que l’année précédente :  un bon résultat.

Le taux d’acidité – traditionnellement plus bas qu’en Italie, ce qui amène les acheteurs de la Péninsule à venir s’approvisionner en Crète pour équilibrer leur production – est d’environ 0,4. Il est un petit peu supérieur à celui de 2017.

A Zakros, rares sont les foyers qui ne possèdent pas d’oliviers, transmis de génération en génération, et toutes les familles se mobilisent pour la récolte. Tant et si bien qu’il est difficile de trouver un artisan disponible pour effectuer d’autres travaux entre novembre et février : ils sont tous aux champs, à l’exception des rares jours de pluie. Les chômeurs, jeunes ou pas, trouvent à s’embaucher sans difficulté. Car, après la récolte, il faut couper certaines branches pour la régénération de l’olivier.


Autrefois, à l’époque des ânes, la récolte des olives entraînait une petite transhumance, surtout pour ceux dont les champs étaient les plus éloignés du village. Tout le monde s’installait le temps de la récolte au metochi, le modeste cabanon construit au milieu de ses oliviers. On s’y entassait pour dormir dans l’unique pièce, près du feu à l’âtre. Ces cabanons ont subsisté. Ils servent à entreposer le matériel mais aussi à organiser des fêtes entre amis et familles, en toute saison. Le soir, pour s’éclairer à la fée électricité, on se branche à la batterie des véhicules. Mais on garde aussi les bougies de cire, au cas où.

 

Martine Jacot

Pour les plus gros propriétaires, la main d’œuvre locale n’y suffit pas. Une aubaine pour les ouvriers agricoles le plus souvent bulgares, qui séjournent au village au plus fort de la récolte, parfois avec leur famille. Ils sont repartis fin janvier.

Légendes des photos. 

 

1)     Les Sfendourakis,  qui  gèrent un café (kafenion) sur la place du village possède 300 oliviers au lieu-dit Vaklias, à l’Est du village. La récolte mobilise les grands enfants – Marianna et Manolis – et le père, Costas, tandis que son épouse, Popy, cuisine pour les siens et ouvre le kafénion quand elle le peut. Pour les Sfendourakis comme pour tous, la journée commence, peu après le lever du soleil, par l’étendage des filets, additionnés de sacs de jutes dans les « trous », aux pieds des oliviers. On ne perdra aucune olive.

On verse la récolte jusqu’à le remplir et le lier. Les filets vides sont alors déménagés sous d’autres oliviers et ainsi de suite. Vers 10 heures, c’est la pause café dans le metochi.

2)     Lorsque les sacs de jute sont assez nombreux pour remplir le pick-up, ils sont chargés à dos d’homme. Chacun pèse environ 50 kilos… Une fois les sacs entassés au maximum, le pick-up part vers la coopérative oléïcole du village. Une première machine y enlève les branchettes et feuilles qui subsistent. Plus on en laisse, moins la machine peut en enlever. Lorsque le pick-up revient, c’est la pause déjeuner. On reprendra le travail l’après-midi, jusqu’au coucher du soleil. Pour la récolte de ses 300 oliviers, la famille Sfendourakis aura été ainsi occupée pendant plus de six semaines, sans compter la coupe des branches, ensuite, pour l’entretien des arbres.