Michaelis TSOUANAKIS Président du TOEB

le TOEB (ΤΟΠΙΚΌΣ ΟΡΓΑΝΙΣΜΌΣ ΓΙΑ ΤΗΝ ΕΓΧΏΡΙΑ ΒΕΛΤΊΩΣΗ) (ORGANISATION RÉGIONALE POUR L’AMÉLIORATION LOCALE),vous pouvez trouver son bureau sur la place du village .

C'est un acteur important des villages ruraux . NDLR

Quel message principal mettez-vous en avant auprès de la population de Zakros, lors de vos réunions ? 

Ce qui constitue le cœur de l’action du TOEB est la protection du capital végétal et de l’environnement. En d’autres termes, la protection de la vie et de sa qualité dans notre région. Notre action se caractérise par le traitement égalitaire de nos membres quant à l’utilisation de l’eau et le maintien du coût de production pour ce qui concerne l’eau utilisée dans l’irrigation (*).

(*) La gestion de l’eau à usage domestique ne relève pas des compétences du TOEB (Note du traducteur)

Qu’en est-il des actions communes avec d’autres villages de la municipalité de Sitia ? Comment travaillez-vous avec cette municipalité ?

Le TOEB participe (et invite ses membres à participer) à toutes les actions qui se développent dans la région au sens large, qui vont dans le sens de ses objectifs.

Il informe, au moyen de réunions, des textes officiels et transmet ses analyses et ses positions aux institutions, notamment quand il s’agit de menaces concernant les ressources hydrauliques et par voie de conséquence la vie dans la région. Par exemple, lorsqu’il s’agit de projets inadmissibles et catastrophiques de développement d’installations photovoltaïques, de générateurs et autres « Sources industrielles d’énergies renouvelables » (ΒΑΠΕ :ΒιομηχανικέςΑνανεώσιμεςΠηγέςΕνέργειας) qui menacent la montagne qui est la source de nos ressources hydrauliques.

Une des fonctions du TOEB est aussi de surveiller l’application de la réglementation concernant la distribution de l’eau. En cas de sécheresse, ces limites sont basses : sont-elles respectées ?

Effectivement une de nos fonctions consiste dans le respect des règles définies dans nos statuts, dans le règlement de l’irrigation, dans nos assemblées générales, cela dans le cadre des circulaires de l’administration des eaux et de la réglementation générale nationale pour l’eau.

Heureusement nos membres, comme l’ensemble des habitants de Zakros, sont en grande majorité conscients et disciplinés. Cela a notamment été le cas quand il a fallu diminuer la quantité d’eau (400 litres par arbre) lorsque, à cause de la sécheresse, les réserves avaient diminué.

 

Vous surveillez les fuites avec une grande attention : considérez-vous qu’il s’agisse d’une cause de gaspillage importante ?

Le maintien en bon état du réseau de distribution est une tâche quotidienne. Il vise à réduire à zéro les pertes causées par les fuites.

le bas des gorges de laVallée des Morts - avril 2019


Ce dernier hiver a été riche en précipitations : à combien avez-vous fixé le seuil d’arrosage pour cette année ?

L’assemblée générale a prévu pour la première période (débutant en août 2019) 1 200 litres par arbre.

Envisagez-vous de généraliser le « goutte à goutte » (*), en baissant le seuil d’arrosage même les années où les précipitations ne sont pas rares, afin d’habituer les arbres à une certaine modération et de constituer ainsi des réserves préventives ?

Notre premier objectif, en cours de réalisation, est de créer un réservoir où l’eau pourra être emmagasinée pendant les mois d’hiver. Cette citerne nous donnera la possibilité de stabiliser la consommation d’eau par arbre en sorte que ceux-ci ne deviennent ni hydrophiles ni assoiffés.

(*) La micro-irrigationou « irrigation localisée », appelée aussi goutte-à-goutte, consiste à distribuer l’eau par un réseau de canalisations sous faible pression, apportant l’eau à un voisinage immédiat des plantes cultivées. C’est une méthode d’irrigation adaptée aux zones arides car elle permet des économies importantes d’eau. (Note du traducteur)

Quel bilan tirez-vous du système d’irrigation par « goutte-à-goutte » et avez-vous prévu de le généraliser ?

Il est clair que la méthode « goutte-à-goutte » est plus rentable car elle limite l’évaporation et localise l’irrigation à la zone nécessaire. C’est pour cela que nous proposons son application totale. 

Que redoutez-vous le plus quant aux projets concernant l’énergie dans la zone de Sitia ?

Les causes principales qui mettent en danger les réserves d’eau sont le changement climatique d’une part et les actions des entreprises d’autre part. Pour ce qui concerne ces dernières nous craignons les conséquences de travaux qui ne tiennent compte ni de la viabilité du terrain ni de la protection de l’environnement. Nous sommes stupéfaits car nos critiques sont admises dans le monde entier mais pas par notre gouvernement.

Les sources d’énergie renouvelable doivent tenir compte des communautés locales, de leurs inquiétudes et de la viabilité du terrain. Elles doivent s’inscrire dans un aménagement raisonné du territoire et s’accompagner d’une contre-valeur sociale. Par contre, elles ne doivent pas viser la destruction, malheureusement cette destruction est programmée.

Des élections nationales et locales ont eu lieu cette année : y aura-t-il des répercussions sur les projets à court ou à moyen terme concernant l’énergie ?

La nouvelle municipalité [de Sitia, commune dont fait partie Zakrosconnaît nos positions ainsi que les décisions de nos réunions populaires : cela dépend donc d’elle de décider d’aller avec le loup ou avec le mouton.

Des réunions récentes se sont tenues au niveau du Conseil Local Municipal de Zakros sur l’énergie : qu’en est-il ressorti ?

Les manifestations récentes à Zakros ont répété notre opposition radicale à l’énorme poubelle prévue sur nos montagnes. Poubelle qui tuera d’abord l’environnement et ensuite la production, avant de nous chasser de nos terres.

Traduction Dominique Gérardin (avec la collaboration précieuse de                                                                      Ioanna et de Marie-Paule)